La brume a avalé l’horizon


*


La brume a drapé la montagne d’un souffle

et le géant de granit s’est effacé 

pour goûter à l’humide étreinte,

bientôt évaporée par le soleil de juillet.


Je me laisse baigner de silence

— celui-là même que

l’insatiable écho me dérobe

chaque nuit dans la grande ville. 


Ce matin, 

la brume a avalé l’horizon 

et semble dire au solitaire aride : 

« Ne sois pas si orgueilleux,

laisse-moi te rendre heureux ». 


Le géant, longtemps, se tait.

Puis, tout bas, lui répond :

« Il faut tout un monde

pour un si petit miracle.

Regarde : le soleil se lève déjà. »


Alors je retiens mon souffle.

Témoin de l'éphémère étreinte.

Surtout, ne rien troubler du peu 

qu’il faut ici pour être heureux.


M.

01.07.26


Nb : Merci à Audrey et à son Valais tout aussi généreux que mon amie ;-)