LE CHEMIN DES LIBELLULES 


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Quelques pas de plus et l’océan de dunes fait place à un champ 

de roches empourprées.


Au coeur des plaines rocailleuses brodées d’acacias, 

la vie prend des formes toutes anguleuses,

l’abolition du temps se lit sur les reliefs,

où des éboulis de granits s’accordent le luxe de glisser sans hâte.


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Ici, l’absence d’eau n’a d’égal que la nudité offerte 

par une terre qui dispense ses richesses à ceux qui s’y aventurent.


Les peuples premiers foulaient déjà ces chemins 

sous lesquels la vie serpente en souterrain, reliant les arbres solitaires.

Notre itinéraire est aussi celui des libellules

qui frôlent les Tamaris, dont l'écorce torturée suinte un remède ambré.


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La rumination des dromadaires fait vibrer l’air, la nuit tombée

— comme la trotteuse d’une montre oubliée.

Dragons à bosse privés d'ailes, et pourtant si agiles sur ce sol lunaire.


Au crépuscule, dans la clameur qui s'élève de la tente principale,

de larges galettes de farine et d’eau seront offertes aux cendres.

Ce soir encore, le Sahara nous berce de Sirocco.

Plus rien, en moi, ne fait obstacle au vent.


M.

30.10.2025


Environnement sonore : Sit around the fire, by Jon Hopkins, Ram Dass, East Forest.